Feuilleton · Mal de tête et migraine : les plantes qui soulagent sans avaler une aspirine / Épisode 2
La Grande Camomille : la plante anti-migraine que l'Europe a oubliée... à tort
17 août 2026
Précédemment
Dans l’épisode 1, nous avons vu que tous les maux de tête ne se ressemblent pas. Céphalée de tension, migraine ou encore céphalée en grappe présentent des caractéristiques différentes et ne nécessitent pas la même approche. Nous avons également découvert que certains facteurs du quotidien — stress, fatigue, manque de sommeil, hydratation insuffisante ou repas sautés — peuvent favoriser l’apparition d’un mal de tête chez certaines personnes.
Nous avons surtout retenu une règle essentielle : avant de chercher à soulager un mal de tête, il faut essayer de comprendre à quel type de douleur on a affaire.
Aujourd’hui, nous allons nous intéresser plus particulièrement à la migraine et à une plante traditionnellement utilisée dans sa prévention : la Grande Camomille (Tanacetum parthenium).
Que sait-on réellement de son efficacité ? Que disent les études ? Et quelles précautions faut-il connaître avant de l’utiliser ?
Imaginez une plante aux petites fleurs blanches qui rappellent celles d’une marguerite. Elle pousse facilement dans nos régions et accompagne depuis des siècles les usages traditionnels liés aux maux de tête.
Son nom : la Grande Camomille, ou Tanacetum parthenium.
Malgré son nom, elle ne doit pas être confondue avec la camomille romaine ou la camomille matricaire que l’on utilise couramment en infusion. C’est une plante différente, avec ses propres composés et ses propres usages.
Au fil du temps, la Grande Camomille a particulièrement attiré l’attention pour son intérêt potentiel dans la prévention de la migraine. Plusieurs essais cliniques ont été réalisés, avec des résultats encourageants mais variables selon les préparations utilisées et les études.
Une précision est donc essentielle dès maintenant : la Grande Camomille n’est pas un traitement destiné à stopper une crise de migraine une fois qu’elle a commencé. Son utilisation traditionnelle et les recherches dont elle a fait l’objet concernent surtout la prévention des crises chez les personnes migraineuses.
Alors, que contient réellement cette petite plante ? Comment pourrait-elle agir ? Et surtout, que peut-on raisonnablement attendre d’elle ?
C’est ce que nous allons découvrir.
Ce qu’elle contient, et pourquoi ça change tout
La Grande Camomille contient plusieurs substances actives. Parmi elles, une famille de composés a particulièrement attiré l’attention des chercheurs : les lactones sesquiterpéniques, dont fait partie le parthénolide.
Ce composé est souvent utilisé comme marqueur pour caractériser certaines préparations de Grande Camomille. Mais il serait trop simpliste de considérer le parthénolide comme l’unique responsable des effets potentiels de la plante : d’autres constituants pourraient également intervenir.
La migraine elle-même est aujourd’hui considérée comme un phénomène neurologique complexe. Elle ne s’explique pas simplement par des vaisseaux sanguins qui se dilatent ou se contractent. Plusieurs mécanismes sont impliqués, notamment l’activation de certaines voies nerveuses et la libération de molécules participant à la transmission de la douleur et à l’inflammation.
En laboratoire, le parthénolide et certains extraits de Grande Camomille ont montré des effets sur différents mécanismes biologiques liés à l’inflammation et à l’activité de certaines cellules.
Ces observations ont contribué à expliquer pourquoi les chercheurs se sont intéressés à la plante dans le cadre de la prévention de la migraine.
Mais attention : observer un mécanisme intéressant en laboratoire ne suffit pas à prouver qu’une plante fonctionne chez l’être humain.
Pour le savoir, il faut regarder les essais réalisés auprès de personnes migraineuses.
Et c’est justement ce que nous allons faire maintenant.
Ce que les études disent vraiment
La Grande Camomille fait partie des plantes qui ont réellement été étudiées dans la prévention de la migraine. Plusieurs essais cliniques ont cherché à déterminer si une prise régulière pouvait réduire la fréquence ou l’intensité des crises.
Parmi les travaux souvent cités figure une étude publiée à la fin des années 1980 dans la revue médicale The Lancet. Des personnes souffrant régulièrement de migraines ont reçu de la Grande Camomille ou un placebo pendant plusieurs mois. Les résultats ont suggéré un bénéfice chez certains participants, notamment sur la fréquence et la sévérité des crises.
D’autres essais ont ensuite été réalisés, mais leurs résultats n’ont pas toujours été aussi nets. L’une des difficultés vient notamment du fait que les études n’ont pas toutes utilisé les mêmes préparations, les mêmes extraits ni les mêmes concentrations en substances actives.
Les analyses regroupant plusieurs essais aboutissent donc à une conclusion plus nuancée : la Grande Camomille pourrait aider certaines personnes à réduire modestement la fréquence de leurs migraines, mais les preuves disponibles ne permettent pas de garantir son efficacité chez tout le monde.
C’est une distinction importante. Une plante étudiée scientifiquement n’est pas nécessairement une plante dont l’efficacité est définitivement démontrée.
La Grande Camomille reste néanmoins intéressante parce qu’elle possède à la fois une longue histoire d’utilisation traditionnelle et plusieurs études cliniques qui justifient l’intérêt que lui portent encore les chercheurs.
Il faut également garder à l’esprit qu’elle est surtout étudiée comme approche préventive. Elle n’est donc pas destinée à être prise occasionnellement au moment où la douleur apparaît dans l’espoir de faire disparaître immédiatement une migraine.
Si elle est utilisée, son intérêt doit plutôt être évalué sur la durée, idéalement avec l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien lorsque les migraines sont fréquentes ou qu’un traitement est déjà en cours.
Comment l’utiliser concrètement
La première chose à retenir est simple : la Grande Camomille n’est pas une plante à prendre ponctuellement lorsque la migraine a déjà commencé. Lorsqu’elle est utilisée contre la migraine, c’est principalement dans une démarche de prévention.
On la trouve aujourd’hui sous différentes formes : feuilles séchées, poudre, gélules ou extraits standardisés.
Pour un usage régulier, les préparations du commerce clairement identifiées et standardisées sont préférables aux préparations maison. La quantité de substances actives peut en effet varier fortement d’une plante ou d’un produit à l’autre.
Plutôt que de chercher un dosage universel, mieux vaut respecter la posologie indiquée par le fabricant pour le produit choisi et demander conseil à un pharmacien ou à un professionnel de santé. Les préparations de Grande Camomille n’ont pas toutes la même concentration et les doses utilisées dans les études ne peuvent donc pas être transposées directement d’un produit à l’autre.
Son éventuel intérêt préventif s’évalue sur la durée et non après quelques prises. Si vous souffrez régulièrement de migraines, tenir parallèlement un journal des crises peut vous aider à suivre leur fréquence, leur intensité et leur durée afin de voir objectivement si la situation évolue.
Les précautions à connaître
Naturel ne signifie pas sans précaution. La Grande Camomille peut provoquer des effets indésirables et ne convient pas à tout le monde.
Pendant la grossesse et l’allaitement, son utilisation est généralement déconseillée par prudence en l’absence de données suffisantes et en raison de préoccupations concernant son utilisation pendant la grossesse.
En cas d’allergie aux plantes de la famille des Astéracées — qui comprend notamment les camomilles, l’arnica, l’ambroisie ou le pissenlit — une prudence particulière est nécessaire.
Si vous prenez un traitement qui agit sur la coagulation ou les plaquettes, demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant d’utiliser de la Grande Camomille.
La mastication de feuilles fraîches peut également provoquer une irritation de la bouche ou des aphtes chez certaines personnes.
Enfin, si vous utilisez régulièrement de la Grande Camomille, évitez de modifier ou d’interrompre brutalement une utilisation prolongée sans conseil professionnel, en particulier si elle accompagne déjà une prise en charge de vos migraines.
Et surtout, la Grande Camomille ne remplace ni le diagnostic ni le traitement d’une migraine par un professionnel de santé. Si vos crises sont nouvelles, deviennent plus fréquentes, changent de caractère ou sont particulièrement invalidantes, consultez votre médecin.
Ce qu’on a vu
La Grande Camomille (Tanacetum parthenium) est une plante traditionnellement utilisée contre les maux de tête et qui a fait l’objet de plusieurs études dans le cadre de la prévention de la migraine.
Elle contient notamment des lactones sesquiterpéniques, dont le parthénolide, qui ont suscité l’intérêt des chercheurs pour leurs effets sur différents mécanismes biologiques.
Les essais cliniques disponibles suggèrent que la Grande Camomille pourrait contribuer à réduire modestement la fréquence des migraines chez certaines personnes, mais les résultats restent variables et son efficacité ne peut pas être garantie.
Elle doit surtout être considérée comme une approche préventive, et non comme un remède destiné à stopper une crise lorsqu’elle a déjà commencé.
Si vous souhaitez l’utiliser, privilégiez une préparation clairement identifiée, respectez la posologie du produit et demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien, notamment si vous prenez déjà un traitement.
Enfin, certaines précautions sont nécessaires, particulièrement pendant la grossesse ou l’allaitement, en cas d’allergie aux Astéracées ou lors de la prise de médicaments agissant sur la coagulation ou les plaquettes.
La Grande Camomille est donc une piste naturelle intéressante pour la prévention de la migraine, mais elle mérite d’être utilisée avec la même prudence que toute plante possédant une véritable activité biologique.
⚠️ Avis important Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et ne remplacent ni un diagnostic ni l’avis d’un professionnel de santé. Un mal de tête inhabituel, particulièrement intense, persistant ou accompagné d’autres symptômes peut nécessiter une consultation médicale. Les plantes et autres solutions naturelles peuvent également présenter des contre-indications ou interagir avec certains traitements. En cas de grossesse, d’allaitement, de maladie chronique, de traitement médical ou pour une utilisation chez l’enfant, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant utilisation.
Demain
La Grande Camomille nous a montré qu’une plante pouvait surtout trouver sa place dans une démarche de prévention. Mais lorsque la migraine est déjà installée et que la douleur commence à cogner, la question devient différente : existe-t-il des solutions naturelles capables d’apporter un soulagement pendant la crise ?
Dans le prochain épisode, nous nous intéresserons à deux huiles essentielles bien connues : la menthe poivrée et la lavande vraie.
La menthe poivrée, notamment grâce au menthol qu’elle contient, a fait l’objet de recherches pour son utilisation locale contre certains maux de tête. La lavande est quant à elle surtout connue pour ses propriétés relaxantes et son utilisation traditionnelle pour favoriser l’apaisement.
Mais les huiles essentielles sont extrêmement concentrées : quelques gouttes ne sont jamais un geste anodin. Comment les utiliser correctement ? Faut-il les diluer ? Où les appliquer ? Quelles sont leurs limites et, surtout, quelles précautions faut-il respecter ?
C’est ce que nous verrons dans l’épisode 3.
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Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Il est informatif et ne constitue ni un conseil médical, ni un conseil juridique, ni un conseil en investissement.